La seule espèce animale qui nous vient du nouveau monde n’est autre que la dinde.
Pensant avoir débarqué sur le continent indien, les conquistadores qui
ont découvert cet animal l’on alors nommé tout naturellement « poule d’Inde ».
Avec le temps, ce nom s’est raccourci pour devenir « dinde ».

Dindon

Originaire des grandes plaines d’Amérique du nord, la dinde était
probablement consommée par les Mayas, mais on peut surtout affirmer que
ses plumes servaient d’ornementation de choix pour les cérémonies
effectuées par ce peuple.

Lorsque l’animal arrive sur nos terres, il est considéré comme une merveille de la nature
car totalement inconnu et n’ayant nul autre pareil en Europe. Le
volatile côtoie rapidement les cygnes et les paons dans les parcs
aristocratiques.

Ses plumes charment les visiteurs mais bientôt c’est sa viande qui intéresse les maitres queux européens.
Alors que les paons, cygnes, hérons et huppes sont consommés pour leur
aspect spectaculaire, le dindon, qui a moins belles allure a une viande
de bien meilleure qualité ! Sa chair est plus blanche et plus tendre et cuit beaucoup plus vite que celle du paon. Pour rendre alors cet animal plus beau et plus chatoyant, on va le parer de plumes de paon au moment de servir.

Ce met étant de plus en plus demandé (entre autre en remplacement de
l’oie traditionnelle de Noël), on décide de l’élever en France mais ce
n’est pas sans problème. L’animal est hargneux et belliqueux, il attaque les coqs dans les basse-cours et les tue sans répit !
L’animal est moins bien vu mais ce qui fera sa mauvaise réputation est
dû à l’Américaine Catherine Grant, la future Mme de Talleyrand, qui ne
maniait pas bien le français et qui répondait à qui voulait l’entendre
qu’elle était « d’Inde ». Depuis lors, on traite toutes les petites sottes françaises de dinde !

Source : Historia décembre 2009 : La cuisine gourmande d’autrefois – p58