S’il on considère que l’Afghanistan est le pays d’origine de la carotte, d’autres sources nous prouvent que la carotte était également connue sur le vieux continent (graines retrouvées en Suisse) depuis la préhistoire.
A l’origine, la carotte est une plante sauvage, mince, aigre et blanchâtre. Il faut dire que la terre et le climat d’Asie centrale ne jouaient pas spécialement en sa faveur.
Et à ce stade elle n’est pas comestible ! A quoi donc pouvait bien servir une carotte non comestible ?!
Et bien, l’on suppose qu’on s’est mis à la cultiver pour ses feuilles qui dégageaient un arôme prononcé. Une source, remontant au VIIIè siècle, et parlant de la carotte en tant que plante aromatique nous conforte dans cette idée.

Nous sommes donc au VIIIè siècle et rien ne prouve que nos ancêtres consomment la racine ?
Si ! Nous en avons la preuve du côté de la Rome antique.
Pline l’Ancien, dans son « Histoire naturelle » (Ier siècle) la mentionne sous le nom de « Pastinaca Galtica ». Mais la carotte était consommée en guise de médicament et non en tant que légume car on lui approprie des valeurs thérapeutiques (en l’occurrence pour les problèmes de vue).


Ça n’est qu’à force de cultivassions sous un climat modéré et dans une
terre plus fertile que la racine grossit et s’adoucit. La voilà donc
comestible à partir du Xè siècle.
Bien que plus douce au goût, son cœur reste fibreux et sa chair coriace.
Mais la carotte entre petit à petit dans les recettes et va bientôt
côtoyer, au XIIè siècle, grâce aux influences orientales dans le bassin
méditerranéen, une carotte violette qui serait plus douce et plus savoureuse que la blanche.

Une nouvelle variété, la carotte rouge, fait également
son apparition durant le bas Moyen-âge. Mais elle ne sera que peut
employée et pour cause, la légende veut que Marie, servante dans une
petite ville de Gaule, fut poignardée par un païen. Son sang se répandit
sur les légumes qu’elle épluchait (notamment des carottes) et que ces
derniers s’imprégnèrent alors d’une teinte rouge.

Bref, les siècles passent et l’on cultive toujours la carotte dans le but d’améliorer son goût.
La violette est délaissée par manque de saveur et l’on s’attarde maintenant sur une variété jaune qui croisse plus vite que les autres.

Il faudra attendre le XVIIè siècle, en Hollande, pour voir
sortir de terre la carotte que nous connaissons aujourd’hui, la carotte
orange !

Bien maitrisée celle-ci plait par son goût et depuis lors elle est toujours généreusement placée sur les étals des maraichers.

Sources :
[1] Historia décembre 2009 : La cuisine gourmande d’autrefois – p64 – [2] – [3]